La nuit pénétrait mon coeur, envahissait mon âme laissant surgir des larmes qui irriguaient mes joues avant de se mêler aux sanglots des anges.
Près de l'arbre, sur cette butte, se fût mes derniers pleurs pour toi, petit être qui avait su éclairer mon coeur.
Loin de l'assemblée funèbre veillant sur ces planches où tu es enfermé, je me laisse bercer par la mélodie silencieuse des feuilles vibrant au rythme de la pluie.
Et puisqu'il n'est pas de larme pour te faire renaître, puisqu'il n'est pas de lumière pour te réveiller, puisqu'il n'est pas de raison qui puisse te ramener, je te regarde, toi mon petit ange, t'envoler, quitter cette terre pour disparaître dans les volutes grisâtres du voile céleste.
Il ne me reste plus rien de toi que cette photo, cette simple photo. Tu ne m'as pas laissé le temps de graver ton sourire dans mon coeur.
Il n'est pas une nuit où je ne sonde les profondeurs de ma mémoire pour te retrouver et quand enfin tu redescends dans mes rêves, ce sourire me manque.
Cela fait maintenant si longtemps que je vis sans toi, imaginant seulement ce que tu aurais pu devenir.
Je reste donc là, sous cet arbre, espérant te voir passer près de moi, regardant l'épais manteau noir qui me sépare de toi . Je t'aimerais toujours ...